Les bibliothèques face au diktat du numérique

Alors que la transition numérique a bouleversé le monde de l’édition, les bibliothèques doivent aujourd’hui faire face à la menace qu’est le piratage des livres sur internet. Un phénomène en pleine expansion qui ébranle non seulement les revenus des auteurs, mais met également en péril la survie des bibliothèques indépendantes.
Le piratage des livres sur internet a connu une augmentation exponentielle au cours de la dernière décennie. Des sites web, souvent localisés dans les différents pays, permettent aux utilisateurs de télécharger gratuitement des copies numériques de livres, souvent en violation flagrante des droits d’auteur. Un phénomène qui affecte non seulement les auteurs et les éditeurs, mais également les bibliothèques, qui voient leur mission de commercialisation du savoir fragilisée par ces pratiques illégales. Pour la librairie des Peuples noirs, le piratage représente un défi de taille. « Nous achetons nos livres depuis la France, et également dans les différentes maisons d’édition des livres », explique Jeanne Mamoni, libraire. « Nous ne parvenons pas à faire face à cette multitude de piratage sur internet, car le support papier reste et demeure le meilleur. Quand quelqu’un veut acheter un livre que nous ne disposons pas, nous passons la commande depuis la France, cela peut prendre 2 semaines, voire 1 mois. Il y a également des auteurs des livres qui viennent déposer leurs livres ici, afin que nous les aidons à les vendre. Mais quand ça dure 1 an et que personne n’achète, nous les remettons », poursuit-elle.
Pourtant, malgré cette situation préoccupante, les bibliothèques indépendantes comme la librairie des Peuples noirs, continuent de subsister, voire de prospérer. « Moi je préfère acheter les livres à la librairie, car c’est de l’original, contrairement au livre manquent, et en plus de cela c’est illégal », fait savoir Marthe, une cliente.
Les bibliothèques offrent une expérience sensorielle, un moment de calme et de découverte, loin de l’agitation numérique. Les gens ne viennent pas ici uniquement pour acheter un livre. Ils viennent pour discuter, partager, confie Marie, la deuxième libraire. À quelques mètres de là, discrètement au coin de la rue, se trouve une autre librairie.
Piratage
Comme sa voisine, elle fait également face aux défis imposés par le piratage des livres sur Internet. Mais Anne libraire, refuse de se laisser abattre. Pour elle, sa librairie est un lieu de résistance culturelle. « Le piratage, c’est la facilité. En clair, l’arrivée du numérique remet en cause le rôle traditionnel des médiateurs entre auteur et lecteur et certaines des missions qui étaient auparavant l’apanage de ces médiateurs ont tendance à disparaître au profit d’Internet. De nombreux sites internet proposent par exemple des suggestions de lecture à partir d’algorithmes. Par ailleurs, même si le phénomène reste marginal, il est possible de pirater les livres numériques et certains sites proposent de télécharger illégalement des ouvrages.
Qu’aucun fichier numérique ne peut égaler, celle du toucher, du feuilletage, de l’odeur du papier. Pour beaucoup, la visite en librairie, c’est la facilité. Mais ce que je propose ici, c’est une expérience bien plus riche, celle de la découverte, du conseil personnalisé, et surtout, du soutien aux livres sur Internet est un défi pour les librairies, mais loin de céder sous la pression, elles réinventent pour continuer à jouer le rôle crucial dans la commercialisation de la connaissance. Par leur capacité à s’adapter et à diversifier leur offre, elles démontrent que, malgré les menaces numériques, elles restent des piliers incontournables de l’accès à la culture et à l’éducation.
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