Une dizaine d’années dans la fabrication des sacs

Une activité acquise dès l’adolescence, cet originaire de la région de l’Extrême-Nord réussit à s’occuper de sa famille grâce à la fabrication artisanale des sacs.

Dès l’entrée nord du marché du Mfoundi, au cœur de la ville de Yaoundé, ce jeune au physique propre, est assis derrière les sacs déjà confectionnés. À l’aide de l’aiguille, du fil blanc et des sacs de riz déjà vidés de leur contenu, il confectionne les sacs artisanaux vulgairement appelés « Aide-moi à divorcer ». Pour cette fabrication, on collectionne et achète les sacs de riz vide, qu’on coupe en quatre pièces, on fait les angles on ajoute les manches, et on coud tout autour. La partie la plus compliquée de la fabrication, c’est lorsqu’il faut faire des cadres car c’est le cadre qui représente tout le sac. Si tu le rates, le sac n’aura pas une belle forme. Je choisis les sacs de riz vide avec soin, je dessine les modèles moi-même, et je veille à ce que chaque couture soit parfaite », souligne-t-il.

Une activité qu’il mène au quotidien depuis bientôt 11 ans. « J’ai commencé à exercer ce métier en 2015. Nous travaillions en groupe, on fabrique ces sacs et les vend en même temps », fait-il savoir.

Une activité acquise dans son enfance au village. « J’ai été inspiré par les artisans de mon village, où j’observais, pratiquais même temps afin d’apprendre, c’est ce qui m’a poussé à faire ce métier », poursuit-il.

Père d’une famille de deux enfants, il réussit à payer ses factures et prendre soin d’eux. « C’est avec cette activité que je nourris ma famille », lance-t-il. Dans l’exercice de cette activité, Aboubakar rencontre quelques difficultés. « Parfois nous traversons des moments très difficiles, où nous n’avons plus souvent de l’argent pour acheter le matériel, et là on est obligé d’emprunter pour pouvoir résoudre ce problème et rembourser après la vente. Et parfois les jours fériés, je ne vends généralement pas grand-chose », déclare-t-il.

Nonobstant ces écueils, il réussit à s’en sortir. « C’est le samedi que j’ai beaucoup plus de clients, car le marché est rempli. Parmi ces sacs il y a les sacs de 1000, 2500, 3000, et 4000 Fcfa. Par semaine j’épargne en moyenne 20.000 Fcfa », souligne-t-il.

Lors de nos échanges, trois clients étaient présents, parmi eux, Jeanne. « J’aime ces sacs car c’est solide et ça aide pour le marché, le voyage pour les vacances, ou alors comme valise des enfants à la maison. Parfois je mets les choses de ma boutique en l’intérieur le soir quand je veux déjà fermer, parce que j’ai ma petite boutique là devant la maison. Et ces sacs m’aident beaucoup pour conserver mes choses », fait-elle savoir. Chaque sac est unique, fabriqué à la main avec des matériaux soigneusement choisis. Les couleurs varient du blanc à des tons plus vifs comme le rouge, le bleu et le vert, attirant le regard des passants. Malgré la dureté de la vie de marché, il a toujours un sourire chaleureux, heureux de voir ses créations entre les mains de ses clients, sachant qu’il apporte une petite touche d’artisanat authentique à leur quotidien.

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Journaliste en formation à l'ESSTIC niveau Licence, passionnée par l'actualité et la communication. Fondatrice du blog Regard Actuel afin de traiter et diffuser l'information de manière claire et accessible sur les grands sujets du moment.

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