Cameroun: Réforme constitutionnelle
Le Cameroun envisage une réforme constitutionnelle, inspirée du système en vigueur depuis les années 1970, notamment à introduire un poste de vice -président, une évolution qui relance le débat sur l’équilibre du pouvoir et la modernisation des institutions.

Une réforme adoptée à une large majorité
Le 4 avril 2026, le Parlement camerounais réuni en Congrès à Yaoundé a adopté le projet de loi constitutionnel n° 2094/PJL/P, modifiant plusieurs articles de la Constitution de 1996. Le texte a été approuvé par plus de 200 voix contre une vingtaine, une majorité écrasante qui reflète la domination du RDPC, parti au pouvoir. Initiée par le président Paul Biya dès sa prestation de serment le 6 novembre 2025, cette réforme est présentée comme la plus importante sur le plan institutionnel depuis 2008. Selon le nouveau dispositif, le vice-président sera nommé et révoqué par le chef de l’État, pour une durée ne pouvant excéder celle du mandat présidentiel.
Un mécanisme de succession clarifié, mais contesté
L’objectif affiché de la réforme est d’assurer la continuité de l’État en cas de vacance du pouvoir. Avant ce texte, c’est le président du Sénat qui était appelé à assurer l’intérim. Désormais, en cas de décès, démission ou empêchement définitif du président, le vice-président achèverait le mandat en cours. Cependant, l’opposition dénonce une réforme qui contourne la légitimité électorale : le Social Democratic Front (SDF) a boycotté le vote, estimant qu’un vice-président nommé et non élu par le peuple fragilise les fondements démocratiques. Le Barreau du Cameroun a également exprimé des réserves sur ce mécanisme de désignation.
Des spéculations sur la première nomination
La grande question qui anime désormais les milieux politiques camerounais est celle du nom du futur vice-président. Plusieurs personnalités circulent dans les discussions, dont Franck Biya, le fils du chef de l’État, même si aucune annonce officielle n’a encore été faite. Cette réforme est également scrutée par les marchés financiers et les agences de notation, qui y voient un signal positif de stabilité institutionnelle, bien que des incertitudes demeurent sur la nature réelle du transfert de pouvoir dans un système encore très centralisé.
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